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Un Mascouchois sur le plus long chemin vers le hockey professionnel

Alexandre Lussier dans son uniforme des Coyotes de Casper (Crédit photo Pedro Cancel/Coyotes de Casper)
Alexandre Lussier dans son uniforme des Coyotes de Casper (Crédit photo Pedro Cancel/Coyotes de Casper)

Alexandre Lussier a pensé à plusieurs reprises avant de dire « oui » aux Coyotes de Casper. Cette équipe de hockey de la Western States Hockey League (WSHL), une ligue de hockey junior qui regroupe une trentaine d’organisations d’un peu partout dans l’Ouest des États-Unis.

Le gardien natif de Mascouche, sur la rive-nord de Montréal, n’a jamais abandonné son rêve de jouer au hockey professionnel, même s’il n’a jamais réussi à attendre le double lettre dans le hockey mineur québécois. Le voilà récompensé de ses efforts.

Une mauvaise surprise le pousse vers les États-Unis

Âgé de 20 ans seulement, il a laissé son amoureuse, sa famille et ses amis au Québec pour rouler jusqu’au beau milieu du Wyoming. En tête, il n’avait qu’un objectif : revenir chez lui à la fin de la saison avec un contrat d’une équipe de la troisième division de la NCAA en poche.

« Je devais aller étudier à l’Université d’Ottawa au départ, raconte Lussier. Je m’étais monté une vidéo pour les recruteurs et je l’ai envoyé à quelques équipes dans le junior A et B en Ontario. J’ai eu une mauvaise surprise pas longtemps après avoir été accepté à l’Université d’Ottawa, donc j’ai décidé finalement d’aller à l’Université de Montréal. Puisque j’allais à Ottawa principalement pour parfaire mon anglais, je me suis dit que si j’allais avoir des offres pour aller jouer au hockey ailleurs, j’accepterais. »

Sous le conseil d’amis ayant déjà évolué dans la WSHL, il a décidé de retrouver sa vidéo pour l’envoyer aux quatre coins de cette mystérieuse ligue.

« Un samedi soir, j’ai envoyé des courriels à plusieurs équipes et une heure plus tard, je recevais une réponse de l’entraineur-chef des Coyotes de Casper, John Ambrefe. Il disait qu’il allait m’appeler le lundi suivant » se remémore le jeune portier, le sourire rempli de fierté.

Les deux hommes de hockey ont conversé longuement au téléphone. Par la suite, Ambrefe a lâché un coup de fil à l’homme qui s’occupait de préparer le jeune portier pour la prochaine saison, Olivier Michaud, l’ancien espoir du Canadien de Montréal et actuel entraineur des gardiens de buts des Voltigeurs de Drummondville, dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ). Après cet appel, Lussier apprenait que les Coyotes étaient intéressés à lui. L’organisation le voyait dans la course pour le poste de gardien #1.

Un été de dur labeur

Lussier dût ainsi dire adieu aux petits plaisirs de la vie d’un homme de 20 ans et se concentrer sur son entrainement, puisqu’il devait se présenter en grande forme à Casper.

« J’ai travaillé très fort cet été. J’ai réussi à perdre 20 lbs de gras cet été seulement! J’allais au gym trois ou quatre fois par semaine, j’avais des séances sur glace au moins trois fois par semaine. »

Recevoir une invitation au camp des Panthères de Saint-Jérôme, dans la Ligue de hockey junior du Québec (LHJQ), anciennement la Ligue de hockey junior AAA du Québec, était déjà un exploit en soi pour la gardien de Mascouche, lui qui n’avait jamais été repêché dans la LHJMQ et qui avait toujours été boudé en début de saison par les entraineurs des équipes double lettres pendant son parcours dans le hockey mineur.

« Grâce à la discussion entre John Ambrefe et Olivier Michaud, autant les Coyotes que moi savions que j’étais capable de me battre pour le poste de #1 même s’ils ne m’avaient pas vu joué autrement que sur ma vidéo. Je me suis donc dit que j’allais à Casper dans la meilleure forme possible pour faire mon travail le mieux possible. »

Lussier avant le match d'ouverture des siens face aux Roughriders du Colorado (Crédit photo Pedro Cancel/Coyotes de Casper)
Lussier avant le match d’ouverture des siens face aux Roughriders du Colorado (Crédit photo Pedro Cancel/Coyotes de Casper)

Une bonne première impression

La fin du mois d’août arriva, Alexandre Lussier dû faire ses boites pour se rendre au Wyoming. Accompagné de ses parents, il est parti au volant de son automobile, suivi par son père dans la voiture familiale, les deux bolides remplis à pleine capacité.

« On est arrivé très tard le soir et dès le lendemain, je visitais ma pension, je rencontrais mon entraineur et il me faisait une visite guidée de l’aréna et de nos installations. »

Il a donc emménagé dans sa maison de pension, la résidence de son entraineur-chef, avec quatre de ses coéquipiers avant d’aller à la patinoire pour son premier entrainement.

« J’étais énormément stressé et pour m’aider encore plus, la première heure de notre pratique a été avec un entraineur originaire de la République Tchèque, qui ne parlait pas tellement bien l’anglais et avec un fort accent. Pour m’aider encore plus avec mon stress, il avait une spécialisation en power skating, la seule partie de mon jeu que je n’avais presque pas pratiqué cet été, ironise Lussier. J’étais obligé de copier du mieux que je pouvais ce que mes coéquipiers faisaient, sinon j’étais complètement perdu! »

Malgré tout, il faut croire que le gardien de but a laissé une bonne première impression, puisque son entraineur a avoué avoir été très impressionné par les talents de son nouveau portier aux parents de ce dernier.

« Comme j’étais un petit peu laissé à moi-même au début parce que les gars ne me connaissaient pas encore, cette bonne impression, avec beaucoup d’aide de ma grande gueule, m’a permis de m’intégrer plus rapidement au groupe » explique le gardien.

Pas de retour aux études

Avec tout cela, le projet d’études en communications à l’Université d’Ottawa est très loin derrière Lussier. En fait, même s’il est un bon étudiant, il avoue avec un clair pincement au cœur qu’il laisse les études de côté, au moins pour un an. « Comme je ne sais pas encore si je vais aller jouer dans une université américaine ou si je vais retourner au Québec l’an prochain, je ne voulais pas prendre de chances de commencer des cours qui ne me seraient pas crédités au Québec. Puisque je n’ai pas un visa qui me permet de travailler, je vais rester concentré à 100% sur le hockey. »

Coup de malchance

Lors du match d’ouverture des Coyotes, Lussier a été victime d’une malchance. Après 40 minutes de jeu et une fiche de 27 arrêts sur 29 lancers, il avait déjà été frappé à deux reprises à la tête. Devant la possibilité qu’il aille une commotion cérébrale, il a été retiré du match. Il a raté les deux parties suivantes de son équipe lors de la dernière fin de semaine.

Étant donné qu’il va mieux depuis, il pourrait être de retour au jeu le weekend prochain.

Pour ceux qui sont intéressé à suivre de plus près la WSHL et la carrière d’Alexandre Lussier, tous les matchs de cette ligue sont diffusés en direct sur le site de Fast Hockey.